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Le pont-tournant

Qui dit rotonde ferroviaire, dit pont-tournant ou plaque tournante. Ces deux éléments sont indissociables dans l’architecture des gares, plus précisément des remises. Ils apparaissent en France dès les années 1840. Bien qu’aujourd’hui, le tracé de la plaque tournante de Chartres appuie l’aspect semi-circulaire du bâtiment, cet élément n’a pourtant pas, à l’origine, une vocation esthétique…

Vue du pont-tournant de la rotonde de Chartres
© Le Compa, Chartres

Le pont-tournant, cœur de la rotonde

Le pont-tournant, ou plaque tournante, est une interface mobile dans les dépôts ferroviaires. Développé à la fin du 19e siècle, cet élément facilite le mouvement des machines d’une voie à l’autre. Relié aux voies ferrées, il permet aux locomotives, arrivant de la gare de Chartres par une voie unique, de pivoter sur elles même. Elles sont ensuite dirigées vers un des 4 ateliers situés dans les alvéoles de la rotonde. Généralement, cette manœuvre est manuelle. D’abord d’un diamètre de 14m, la plaque tournante de Chartres s’agrandit pour atteindre 24m.

Plan du dépôt de Chartres : rotonde, pont-tournant et voies circulaires.
© Le Compa, Chartres

Mobile donc, mais surtout pratique. Le pont-tournant propose une solution au manque de place au sol ne permettant pas d’utiliser un aiguillage, appareil de voie classique. Grâce à sa forme et un coût de fabrication réduit, le pont-tournant répond aux exigences de place qu’impliquent stockage et entretien. Sans cette technologie, il faudrait autant de voie que de locomotives en maintenance !

Des engrenages bien huilés

Allier robustesse et performance technique, tel est l’enjeu du pont-tournant. L’acier répond aux besoins de solidité de la structure et un jeu d’engrenages fait pivoter le plateau.

Le pont-tournant de Chartres tourne grâce à un compresseur Crespel de 6 m3 /mn. L’abandon avancé de la rotonde de Chartres, dans les années 1930, n’a pas permis un équipement électrique de la structure tournante. La disparition de plaques tournantes accompagne celle des rotondes. Le coût élevé du métal après la Première Guerre mondiale nuit à ces constructions.

Le pont-tournant de la rotonde de Chartres et remisage.
© Le Compa, Chartres
La fin de l'âge d'or du pont-tournant de Chartres.
© Le Compa, Chartres

A Chartres, le pont-tournant d’origine a été démonté. Il n’en reste aujourd’hui que les fondations. Associées au jardin lors de la réhabilitation des lieux, elles représentent l’ultime symbole d’une activité industrielle passée.

Sources
SCELLES Christiane, Gares, ateliers du voyage : 1837-1937, Rempart, Paris, 1993.BACHET olivier, BALSO Raoul (…), Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, Flohic, Paris, 1999, Tome 1.
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Et aussi :

Pour en savoir plus + sur l'âge d'or de l'architecture métallique et des dépôts ferroviaires, le musée vous propose une bibliographie indicative à télécharger :

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