Le compa

La remise ferroviaire

L'art des rotondes

Dans l’architecture ferroviaire du 19e siècle, la remise à locomotives, également appelée « rotonde » représente le cœur du dépôt ferroviaire. Cette installation, destinée au stockage et à l’entretien des locomotives, doit répondre à des critères fonctionnels qui définissent dès lors le plan de ces bâtiments. Remises « sur gril », « circulaires », ou encore « annulaires » constituent les modèles les plus courants.

Vue aérienne du musée Le Compa.
© Le Compa, Chartres, 1995

1840-1914 : l’âge d’or des rotondes

Abri contre les intempéries, la remise la plus simple prend la forme rectangulaire, dite remise « sur gril ». Les voies, destinées au remorquage des locomotives, y sont parallèles, permettant l’entrée et la sortie des engins par les extrémités du bâtiment.

A partir des années 1840, et ce jusqu’à la première Guerre mondiale, la « rotonde » devient le modèle de prédilection des remises. Deux architectures distinguent alors les rotondes dites « annulaires » des « circulaires ». Les compagnies ferroviaires adoptent majoritairement ces nouvelles formes.

La particularité des rotondes réside dans le système de voies rayonnantes desservies par un unique pont tournant. Si ce dernier est placé au centre de l’ensemble des voies, et que la structure est recouverte, la rotonde est dite « circulaire » (ex : rotonde de Chambéry). La rotonde « annulaire », quant à elle, adopte un plan semi-circulaire, type éventail, avec un pont-tournant non couvert (ex : rotonde de Chartres). Avec un déploiement à 180°, elle prend alors parfois le nom de « demi-lune ».

Plan du dépôt de Chartres : rotonde, pont-tournant et voies circulaires.
© Le Compa, Chartres

Une architecture utilitaire

Nombreux sont les avantages de ces bâtiments. Dans un contexte de rationalisation de l’espace, les rotondes, notamment « circulaires », optimisent les surfaces contraintes, tant dans un souci d’économie que de surveillance. Les cloisons sont supprimées, élargissant l’espace de travail. Des larges baies vitrées, pénètre la lumière naturelle indirecte, facilitant les travaux minutieux des ouvriers. Les hautes charpentes en métal, aménagées d’ouvertures, servent à l’évacuation des fumées.

Les rotondes « circulaires » sont les premières exploitées mais dès les années 1855-1860, le modèle « annulaire » est le plus souvent adopté. Il faudra attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour redonner vie à ce type de remises, avec toutefois un changement de taille: non plus l’utilisation du métal mais celui du béton (ex : rotonde annulaire d’Avignon).

Sources SCELLES Christiane, Gares, ateliers du voyage : 1837-1937, Rempart, Paris, 1993.BACHET Olivier, BALSO Raoul (…), Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, Flohic, Paris, 1999, Tome 1.
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Et aussi :

Pour en savoir plus + sur l'âge d'or de l'architecture métallique et des dépôts ferroviaires, le musée vous propose une bibliographie indicative à télécharger :

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