Le compa

L'exposition

du 6 octobre au 30 décembre 2012

© Musée d'art et d'histoire de la Ville de Meudon

Chartrain d’origine, Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) occupe une place centrale dans le monde de l’édition du XIXe siècle. La maison d’édition qu’il fonde en 1843 est reprise par son fils et fonctionne sans interruption jusqu’à sa vente à la Maison Hachette en 1914. Son objectif : « décrire le Monde, offrir du Beau et du Nouveau ». Hetzel est un découvreur de talents et l’éditeur des plus grands écrivains de son époque ; il publie Balzac, Baudelaire, Gautier, Hugo, Sand, Stendhal, Verne...

Jules Verne dont il publie le premier roman, Cinq semaines en ballon. C’est un précurseur de l’édition moderne. Il touche tous les publics grâce à la diversité de ses éditions : bon marché, de luxe, alliant texte et illustrations… Il écrit également sous le nom de Stahl, entre autres de la littérature de jeunesse.

Dans une scénographie ludique et un graphisme utilisant le fameux « caractère Didot », utilisé dans les éditions Hetzel, sont présentés ouvrages originaux, correspondances, affiches, dessins, provenant de la collection de la Médiathèque de Chartres – l’Apostrophe et du Fonds des Archives départementales d’Eure-et-Loir.

 

Itinéraire d’un éditeur

© Le Compa

La maison Hetzel (1843-1914), réussite personnelle et familiale, survit à l’exil (1851-1859) de Pierre-Jules Hetzel et à la guerre de 1870, jusqu’à sa vente à la Maison Hachette par Jules Hetzel, fils du fondateur.

Fils d’un militaire et d’une sage-femme, le chartrain Hetzel abandonne ses études en 1835, pour entrer au service du libraire-éditeur parisien Paulin. Devenu son associé en 1837, il ouvre sa propre maison en 1843.

Son intuition le guide vers un objectif cohérent : décrire le Monde, offrir du Beau et du Nouveau.

Hetzel est un découvreur de talents et l’éditeur des plus grands écrivains de son époque

© Le Compa

Il publie Balzac, Baudelaire, Gautier, Hugo, Nodier, Sand,Stendhal... puis Daudet, Erckmann et Chatrian, Michelet, Proudhon..., et le jeune Zola. Il introduit en France Poe, Tourgueniev et Stevenson.

A partir de sa rencontre avec Jules Verne en 1862, il édite toute sa production (sauf Paris au XXe siècle).

Hetzel invente un nouveau livre, symbiose entre texte et illustration

Aves des dessinateurs connus,Grandville, Gavarni, Gustave Doré, Meissonier, ou qu’il fait connaître, Bayard, Benett, Bertall, Froelich, Gleyre, Johannot, Riou, Roux, Schuler…, il intègre l’image au texte. Il met à la mode le beau caractère Didot, ou l’Elzevir, un élégant interlignage, l’impeccable Canson et le cartonnage de luxe.

Hetzel est un précurseur de l’édition moderne

Il diversifie sa production et multiplie son public : jeunesse et « âge mûr », bourgeoisie et lectorat populaire. Chaque œuvre fait l’objet de plusieurs éditions : bon marché, illustrée, de luxe ; de la minuscule publication clandestine des Châtiments (Hugo, 1853), au grand format du Livre d’Etrennes annuel. Il invente le marketing en pré-publiant ses ouvrages dans sa revue et sort chaque année une Affiche publicitaire. Victime de la contrefaçon en Belgique, en 1858, il dépose un projet de loi pour la protection de la propriété littéraire.

Hetzel crée une littérature de jeunesse de qualité

© Médiathèque l'Apostrophe, Chartres

Il laïcise la littérature enfantine et la confie à de véritables écrivains, ainsi qu’à ses talentueux dessinateurs. Enrichie par l’importation d’œuvres anglo-saxonnes et russes, elle doit éduquer, par la morale, la science et l’imagination.

La collection Mademoiselle Lili et son cousin Lucien reçoit l’hommage de Proust.

Hetzel et Stahl, l’éditeur et l’auteur, la confusion des genres avec Jules Verne

Hetzel se veut auteur. Sous le nom de Stahl, il rédige études, satires, préfaces, chapitres pour des œuvres collectives éditées dans sa propre maison.

Il signe aussi « un papa » ses contes pour enfants, réécrit des traductions (Les Patins d’argent ou Maroussia) et adapte des œuvres déjà éditées (Le Petit Chose).

Cette vocation s’exerce aussi en intervenant dans le travail de ses auteurs, à qui il impose une sorte de co-écriture : méthode triomphant avec Jules Verne.

Hetzel invente Jules Verne (1828-1905)

© Le Compa

 

En 1863, Hetzel publie avec succès le premier roman de Verne, Cinq semaines en ballon.

Dès lors, il lui impose deux romans par an, des contributions à sa revue et la rédaction d’ouvrages d’histoire. Il lui insuffle ses idées, le dirige dans la conception des romans, personnages, action, rédaction.

Traduits dans toutes les langues, les Voyages extraordinaires assurent aux deux collaborateurs une audience mondiale, et leur adaptation pour le théâtre fait salle pleine.

Hetzel et Verne : liés dans l’imaginaire collectif

Tous deux s’enrichissent, luxueuse villa modernisée par Viollet-le-Duc et hivers à Monte-Carlo pour Hetzel, trois bateaux pour Verne, dont un à vapeur.

Cette fortune survit avec Hetzel Fils, mais s’effrite après la mort de Verne. Les Mondes inconnus des Voyages Extraordinaires ne le sont plus tout à fait.

Verne assure aujourd’hui à son « père » une fortune dans la mémoire collective. A Nantes, ils se côtoient au Musée Jules Verne, l’éléphant de la Maison à vapeur anime l’île Feydeau.

Et si Verne, « créature » de Hetzel, avait réalisé le rêve de Stahl d’être un écrivain ?

 

Commissariat

Juliette Clément, Présidente de la Société archéologique d'Eure-et-Loir

avec le soutien des Archives départementales d'Eure-et-Loir

Collections provenant de la Médiathèque de Chartres - l'Apostrophe et des Archives départementales d'Eure-et-Loir

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