Le compa

Le parcours

© Frédéric Pineau

Cette exposition sur les mutations qui ont affecté les sociétés rurales entre 1870 et 1970 est organisée selon un parcours en 3 temps :
• le paysan et ses images,
• le paysan et la ferme,
• le paysan et le changement.

Le paysan et ses images.

Présentée à Blois, cette partie devient itinérante en Eure-et-Loir et sera présentée dans les bibliothèques du département.

Figure emblématique de la société française, le paysan paraît familier à tous.

Chacun pense le connaître et nombreux sont ceux dont les aïeux œuvraient, il n’y a pas si longtemps, au travail de la terre. Cette proximité apparente ancrée depuis des siècles masque une partie des bouleversements subits depuis le début du 20ème siècle. Les pratiques culturales ont changé. Les hommes et les sociétés rurales en ont été profondément affectés.

Les représentations associées aux paysans et à la ruralité ont accompagné ce mouvement. L’image du gentil pâtre entouré de son troupeau ou celle du laboureur courbant l’échine a peu à peu laissé place à celle de l’agriculteur moderniste et productiviste juché sur sa machine.

Du glaneur à l’exploitant agricole, du charron au concessionnaire de machines, de la cour de ferme animée - hommes et animaux réunis - à la cour bitumée et désertée, du village tourné vers l’artisanat et le commerce au village dortoir… on assiste au passage d’un monde à un autre.

Quand les bouleversements économiques, techniques et sociaux sont rapides et profonds, les représentations et les images que l’on se fait d’un métier - le paysan -ou des sociétés rurales ne changent pas forcément au même rythme que le réel.

Comment le stock des mots et des images que se constitue une société sur sa paysannerie se renouvelle-t-il ? Comment se porte la nostalgie ?

A découvrir dans l’exposition, à Blois ou dans les bibliothèques d'Eure-et-Loir,

8 silhouettes mobiles de figures de paysans sont à identifier :

- Le grand fermier : patron tout puissant

- Le petit paysan : gagne-petit

- L’ouvrier agricole : paysan sans terre

- Le saisonnier : intermittent et cosmopolite

- La paysanne : femme sans statut

- Le paysan syndicaliste : homme engagé

- Le modernisateur : un agriculteur « productiviste »

- L’agricultrice moderne : une femme qui s’émancipe

L’image du paysan est multiple et varie dans le temps.

© Frédéric Pineau

Un grand jeu interactif surles représentations du paysan aux 19ème et 20ème siècles.

Par un dispositif ludique et volontairement subjectif, la Bibliothèque départementaled’Eure-et-Loir propose un cheminement où chaque pas serait une association d’idées autour de la notion du « paysan ». Les termes attachés au paysan dans les mentalités collectives sont illustrés ici par des citations littéraires (Honoré de Balzac, Guy de Maupassant, Emile Zola, Emile Guillaumin), des commentaires (Michel Debatisse, Henri Mendras), des photographies ou oeuvres picturales (Jean-François Millet, Jean-Baptiste Corot, Rosa Bonheur...). Cet ensemble dessine à grands traits le portrait du paysan à la croisée des regards naturalistes, réalistes ou régionalistes. Ce parcours révèle aussi, en creux, les contours de la figure paysanne en ce début de 21ème siècle.

Des photographies et gravures du 19ème siècle illustrent des scènes de la vie paysanne

© Musée Le Compa

Une quinzaine de photographies, en noir et blanc, prises en Normandie vers 1900, présentent les activités agricoles d’hommes et de femmes de cette époque.

Ces photographies ont été retrouvées presque « par hasard » dans la bibliothèque personnelle et familiale d’Emmanuel Le Roy Ladurie, donnée en grande partie au Compa en 2011.

© Musée Le Compa

6 gravures du 19ème siècle, eaux fortes et lithographies, réalisées d’après des œuvres de Jean-François Millet ou encore de Rosa Bonheur, illustrent quant à elles, les travaux des champs.

Le paysan et le changement

Après « un immobilisme agraire et multiséculaire », la France a connu - à partir de 1870 - un long siècle de révolutions agricoles. Les bouleversements ont touché le métier même de paysan : mécanisation, chimisation, irrigation, progrès de la génétique, développement des coopératives et des entreprises de travaux, concentration des exploitations, spécialisation ou diversification des productions, préoccupations environnementales, etc.

Ce siècle a vu aussi de profondes mutations des sociétés paysannes, gagnées progressivement aux « nécessités » du marché et à la logique des rendements et de la compétition internationale.

La modernisation et l’industrialisation de l’agriculture ont progressivement mis fin à un système de production consacrant une part importante à l’autoconsommation.

Ces évolutions se sont accompagnées d’un exode rural, massif et continu, affectant l’ensemble des sociétés rurales et par conséquent, urbaines.

A découvrir dans l’exposition :

- 6 films réalisés par Cédric Baud, à partir d’une collecte importante de films amateurs (de 1924 au début des années 2000) témoignent du changement de statut : du paysan à l’agriculteur.

© Le Compa, 2012

Des films amateurs, réalisés entre 1924 et le début des années 2000, collectés par CICLIC (Agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique), ont été montés pour témoigner des changements de la vie rurale. Parmi les thématiques évoquées, on trouve le passage de l’attelage à la mécanisation, le paysan et la politique, la place des femmes dans les exploitations, la métamorphose dub paysage, les loisirs et leur rôle social (de la messe, aux courses motocyclistes, en passant par les bals et les foires expositions)...

Pour visionner ces films cliquez ici :

Femmes d'aujourd'hui

La vie moderne

Le grand déménagement

Rêve de mécanique

Silencieuse la révolution

Quand la fête s'efface

- 8 cabines proposent des extraits sonores issus d’une collecte de témoignages en Eure-et-Loir sur les bouleversements des sociétés rurales et les changements qui ont affecté le métier de paysan.

© Le Compa, 2012

Le Compa a initié une grande collecte de témoignages, dont une partie est présentée dans cette exposition, dans les cabines sonores.

On été interrogés les femmes et les hommes du territoire, agriculteurs, instituteurs, secrétaires de mairie, élus municipaux, fermiers, propriétaires, héritiers, responsables dans des institutions agricoles, agriculteurs conventionnels, bios, militants, intégrés dans une AMAP, créateurs de CUMA ou de sociétés, céréaliers, maraîchers, éleveurs...

Une démarche pour donner la parole, avec simplement cette question : « le changement, la modernité, ça a été quoi pour vous ? »

Les Témoins

Claude VIOLETTE, 69 ans, agriculteur retraité à Orgères-en-Beauce

Fernand VILLEAU, 74 ans, fermier retraité à Rouvray-Saint-Florentin

François LHOPITEAU, 63 ans, agriculteur retraité à Néron

Joseph NOUVELLON, 78 ans, agriculteur retraité à Alluyes

Roger JUDENNE, 64 ans, instituteur-secrétaire de mairie retraité - écrivain

Claire GENOVA, 54 ans, agricultrice, maire de Mondonville-Saint-Jean

Damien LEROY, 53 ans, agriculteur, Lhopiteau

- 8 affiches, issues des collections du Compa, retracent les grandes mutations et la modernisation du monde rural.

Ces affiches venant illustrer les changements ont été regroupées autour de

4 thématiques :

La motorisation

Les engrais

Guerres et politique

Les emprunts

 

© Musée Le Compa, Chartres
© Musée Le Compa, Chartres

Le paysan et la ferme

Objet devenu mythique pour la civilisation urbaine oublieuse des réalités rurales, la ferme, après des décennies de désaffection ou d’abandon, mérite d’être examinée. Elle est, en effet, par bien des aspects, un marqueur de l’évolution du monde rural.

Le parcellaire, l’implantation des cultures et les manières de cultiver, en façonnant la terre au fil des décennies dessinent les paysages d’aujourd’hui.

Avec la mécanisation et les engrais, l’animal, emblématique de la vie et du travail de la ferme, voit sa présence, son statut et sa fonction subir de nombreuses mutations.

Enfin, le fonctionnement de la ferme, qui nécessitait hier un village avec des métiers et des services tout entier dédiés au soutien de l’activité agricole, est le plus souvent déserté ou réaffecté à de nouveaux usages.

A découvrir dans l’exposition

2 plans de la fin du 18ème siècle montrent le parcellaire : de la terre au champ.

Un ensemble d’affiches et de plans, un atlas et 4 maquettes permettent de comprendre l’évolution de la ferme de bocage ou de plaine entre 1780 et 1960 environ : la ferme, habitat et dépendances

© Le Compa

Affiches et jouets montrent l’importance de la place de l’animal dans les fermes :l’animal, bête de ferme

Les jouets exposés témoignent de l’importance et de la permanence de la geste paysanne dans l’imaginaire collectif de la société française. Ils font partie de la collection de près de 600 jouets agricoles de Jean-Louis et Monica Burckhardt, constituée au fil des années, au gré de voyages professionnels. Une grande partie de cette collection - la plus importante de France - riche d’objets des 19ème et 20ème siècles, aux provenances géographiques variées, a intégré la collection du Compa en 2012.

© Le Compa, 2012

Affiches de ventes aux enchères et affiches publicitaires témoignent du rôle essentiel que jouait l’artisan : dans le village...

Maquettes et jouets agricoles illustrent, à leur échelle, la mécanisation : des machines pour apprendre et pour jouer.

Les machines agricoles, souvent volumineuses et difficilement transportables, ont fait l’objet au fil du temps de réductions à usage pédagogique ou promotionnel.

Ces miniatures, généralement fidèles, participent de la diffusion des connaissances et de la vulgarisation du progrès technique, tout au long du 19ème siècle jusque vers 1940. De nos jours, les maquettes pour vendre et pour apprendre sont relayées par le maquettisme de collection. Le jouet agricole, qui lui aussi, a longtemps diffusé des images de la ferme idéale avec tous ses animaux, reproduit davantage, depuis quelques années, tracteurs et machines.

Des objets témoins de pratiques ancestrales :faire table rase du passé ?

© Le Compa, 2012

Ces objets sont les témoins d’une société rurale multiséculaire, collectés puis présentés dans les musées d’arts et traditions populaires et autres écomusées, dès la seconde moitié du 20ème siècle. Comme si le goût pour cette entrée et cette mise en scène d’une agriculture du passé venait définitivement sceller le sort de pratiques ancestrales, d’un métier et d’une société paysanne.

 

 

 

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