Le compa

Le parcours

© j-y. populu

L'exposition « Les cartes et le territoire – L’invention du l’Eure-et-Loir » propose aux visiteurs un parcours libre, entre approche cartographique du territoire, ponctuations interrogeant les usages des cartes, citations poétiques et espace ludique.

 

Approche cartographique du territoire

Les plans manuscrits - Représenter l’espace

Les plans manuscrits forment un ensemble très divers allant du registre au grand format, du noir à la couleur, du dessin à la géométrie. La représentation et la précision varient beaucoup selon les époques, mais aussi selon le cartographe et la nature de la commande.

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Plan du Parc et du Château de Herses en la paroisse de Bercheres sur Vesgre, vers 1772 (détail)

Au cours de l’Ancien Régime, deux principales raisons motivent l’élaboration d’un plan : la gestion foncière et l’exposition d’un contentieux. Sur chaque plan, l’espace représenté est réduit à l’usage auquel la carte est destinée. L’usage de la carte définit l’espace représenté : les parcelles du commanditaire s’il s’agit d’un plan terrier, la zone sur laquelle porte le conflit s’il s’agit d’un contentieux. Ainsi les cartes peuvent présenter des zones blanches.

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Carte figurative des terroirs et champtiers contestés entre le chapitre de Chartres et le curé de Saint-Luperce suivant la transaction passée entre les parties le 19 juillet 1684 devant Jacques Patay, notaire du chapitre, 1684 (détail).

Les plans imprimés - Cartographier la France

Jusqu’à la fin du Moyen-Âge, la production des cartes se fait de manière manuscrite. Dès le XVIe siècle, la reproduction des cartes par gravure sur bois puis sur cuivre permet de les diffuser en plus grand nombre et d’éliminer les erreurs des copistes. La gravure sur cuivre est la seule technique de production cartographique mécanique jusqu’au milieu du XIXe siècle environ. Une fois imprimées, les cartes sont embellies avec des enluminures.

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Belsia vulgo la Beausse, G. Blaeu excudit, Amsterdam, 1635 (détail)

La carte de Cassini est la première carte de la France entière. En 1747, Colbert et l’Académie des Sciences initient le projet d’établir une carte générale de la France. Le financement nécessaire à la carte est décidé mais les levés sur le terrain, le travail de gravure, les vérifications prennent du temps. Les dernières cartes gravées ne sont éditées qu’à la chute de l’Empire en 1815.

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Sceau dans la carte du département d’Eure-et-Loir, 23 janvier 1790

En 1789, les premiers décrets révolutionnaires abolissent les privilèges liés aux territoires. La volonté d’unifier, de rationaliser, de simplifier, modifie l’organisation politique et administrative du pays et aussi l’organisation territoriale. La France est découpée en départements. La première carte du département d’Eure-et-Loir date du 23 janvier 1790.

Les cartes militaires - Maîtriser le terrain

Entre 1818 et 1881, les officiers du corps d’Etat-Major réalisent les différentes feuilles de la carte topographique dite « Carte de l’Etat-Major ». La création de cette nouvelle carte de France prend en considération les lacunes de Cassini en particulier au regard des derniers progrès scientifiques et stratégiques : apparaissent le relief (courbes de niveaux), l’habitat et les voies de communication, informations ayant un intérêt pour les opérations tactiques. Chaque feuille est vendue dans les librairies et dès 1872, son prix se veut très accessible : un franc, avec une réduction de moitié pour les officiers et les instituteurs. La carte sera régulièrement révisée afin de prendre en compte les modifications urbaines et le développement du chemin de fer.

Dans les années 1960, les satellites envoyés dans l’espace par l’armée américaine puis par l’Europe dans les années 1990, permettent une avancée cartographique majeure : les contours terrestres sont pour la première fois photographiés depuis le ciel. Des cartographies du fond des océans ou des zones inaccessibles deviennent plus précises.

Les cartes thématiques - Comprendre le territoire

La carte thématique décrit l’espace et localise des phénomènes ; elle mêle le visible (les éléments du paysage), à l’invisible (les flux, les caractéristiques de la population, des données anciennes…). Elle apporte une dimension spatiale aux statistiques et offre la possibilité d’une analyse à l’échelle d’un territoire.
La carte est un moyen de communication et à ce titre elle comprend une quantité variable d’informations, plus ou moins facilement compréhensibles par le lecteur/destinataire de la carte. Une légende et des règles graphiques rendent le langage cartographique compréhensible par tous.
Traduire en image des données permet de prendre la mesure de certains phénomènes plus facilement, de confronter des informations.

Durant ces vingt dernières années, l’informatique a révolutionné les méthodes de travail en cartographie. Du dessin assisté par ordinateur au système d’information géographique (SIG) en passant par les logiciels de cartographie, les moyens techniques ont facilité la production de cartes et leur diffusion en grande quantité. La carte est alors un outil d’aide à la décision, un moyen d’anticiper des développements, de planifier des projets. À partir de données statistiques, il est possible de dégager des tendances, de produire d’autres données et de créer les cartes de demain.

 

 

Une carte blanche - Carte participative

Un espace participatif laisse le visiteur libre de dessiner sa carte. Cette carte blanche affirme la possibilité donnée à chaque visiteur de laisser une trace, un signe qui exprime une vision singulière ou une perception propre de son espace de vie. La réalisation d’une carte partagée est l’occasion de rappeler que celui qui habite un lieu, traverse un espace, foule un sol, contribue aussi à façonner ce territoire.
Cette carte évoluera au fil des mois et constituera, à la fin de l’exposition, la vision qu’ont les visiteurs du territoire eurélien.

Ponctuations poétiques et usages de la carte

Alors que les cinq séquences présentées ci-dessus explorent les différentes productions cartographiques, un second parcours « ponctue » l’exposition d’interrogations sur la réception et les usages de la carte. Une carte sert à : influencer, gouverner, voyager, s’évader, connaître, convoiter, habiter…
Des extraits d’ouvrages relient également les cinq séquences. Ces citations de Montaigne, Shakespeare, Kafka, Verne…amènent le visiteur à prendre du recul sur l’idée qu’il a des cartes, du territoire, du monde…

Espace interactif ludique et parcours enfants

Un parcours intégré à l’exposition est proposé aux plus jeunes visiteurs pour les guider dans la compréhension de l’exposition tout en s’amusant : des commentaires à lire, des détails à retrouver, des inscriptions à déchiffrer, des cartes à dessiner.

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière partie de l’exposition, interactive, donne l’occasion d’explorer l’univers de la cartographie et les nombreuses disciplines y concourant : cosmographie, astronomie, géodésie, topographie, toponymie…
Dans cet espace ludique, quatre jeux sont proposés pour comprendre et découvrir les sciences qui gravitent autour de la cartographie : d’où viennent les noms des villes ? Pourquoi le mètre a-t-il été créé ? Comment se repéraient les marins au milieu de l’océan ? Où habitons-nous ?
Pour accompagner les familles, une tablette tactile est distribuée à l’accueil.

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