Le compa

Le parcours

Qu’est-ce que la faim ? Pourquoi tout le monde n’a pas à manger ? Comment nourrir de plus en plus d’hommes ? Afin de mettre à jour la complexité d’un tel sujet, l’exposition interpelle le visiteur en lui donnant non pas une, mais de multiples réponses, tout en le guidant par un système de code couleurs et de réseau graphique sur le sol.

© Nicolas franchot, 2010

Dès l’entrée, le visiteur est plongé au cœur du sujet, interpelé par un mur de mots-clés de couleur reprenant les grandes thématiques de l’exposition.

Qu’est-ce que la faim ?

(Début de l’exposition sur la mezzanine, partie grise)

© Le Compa, 2011

Définitions, extraits de reportages, 24 portraits de paysans, photographiés dans leurs pays par les reporters de l’Agence VU, puzzle géant en 3D à manipuler…

Quelle différence entre malnutrition et sous-nutrition, qu’est-ce que la disette, la famine, la transition alimentaire ou la sécurité alimentaire ? Comment les journaux télévisés ont abordé le thème de la faim ces cinquante dernières années, notamment au travers de sujets d’actualités comme l’aide alimentaire ou les émeutes de la faim ?

Et aujourd’hui qui a faim et où ? En 2009, le chiffre d’un milliard de personnes ayant faim dans le monde a été atteint, soit 1 personne sur 6. Si la grande majorité se trouve en Asie-Pacifique (642 millions), c’est en Afrique subsaharienne (265 millions) que cela représente la plus grande part en pourcentage de la population du continent. Parmi les personnes qui ont faim dans les pays en développement, les ¾ sont des ruraux, le ¼ restant étant en partie constitué d’anciens paysans ayant migré vers les villes. Si les paysans cultivent et fournissent les produits alimentaires, ce sont pourtant eux qui souffrent le plus de la faim, c’est ce que l’on appelle « le paradoxe de la faim ».

Pourquoi tout le monde n’a pas à manger ?

(partie violette)

© Nicolas Franchot, Le Compa, 2011

8 tables avec des éléments à manipuler : cartes superposables, puzzles, volets mobiles...

Est-ce une question de quantité, de répartition ou d’accès à la nourriture ?
Si la quantité de nourriture actuellement produite est théoriquement suffisante pour nourrir toute l’humanité, sa répartition et sa qualité sont très inégales. Cependant, avec l’augmentation de la population mondiale qui devrait être de presque 50% entre 2000 et 2050 (atteignant les 9,2 milliards de personnes), la production mondiale deviendra vite insuffisante, d’autant que ce sont les pays souffrant déjà de sous-alimentation qui vont connaitre la hausse la plus importante. Pour nourrir 2,3 milliards d’hommes supplémentaires, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) prévoit une nécessaire augmentation de 70% de la production agricole.

L’influence des modes de vie occidentaux, l’augmentation du pouvoir d’achat dans certaines régions et l’urbanisation généralisée entrainent une mutation des régimes alimentaires, ceux-ci laissant une place de plus en plus grande à la viande. Or l’élevage accapare une partie importante des récoltes mondiales de céréales, pouvant faire rapidement concurrence à l’alimentation humaine si le régime alimentaire carné continuait à se généraliser. Par ailleurs, la production alimentaire est de plus en plus concurrencée par le développement des agrocarburants, les végétaux étant brûlés pour remplacer les énergies fossiles.

Mais si la faim est actuellement une problématique prédominante, il semble qu’une des causes principales soit une question d’accès à la nourriture produite. Les situations de pauvreté dues à des raisons sociales et/ou économiques touchent une grande partie de la population mondiale, principalement les populations agricoles, les privant d’une nourriture pourtant existante. La faim peut même être instrumentalisée, voire transformée en famines par des régimes politiques privant volontairement de nourriture des populations ainsi facilement contrôlables.

Comment nourrir de plus en plus d’hommes ?

Vidéos, témoignages sonores, quizz, maquettes, manipulations...

Devant la complexité de ce sujet, où tous les aspects sont interconnectés, le visiteur est invité à passer d’un élément à l’autre, d’une question à l’autre, créant son propre parcours, se forgeant sa propre opinion, imaginant la meilleure solution... Pour faciliter la visite, un dispositif visuel de couleur et un réseau sur le sol met en évidence les liens existants entre chaque module.

DOIT-ON…

• ...produire plus ?

(partie bleue)

© Le Compa, 2011

Comment nourrir les 2,3 milliards d’humains supplémentaires que comptera la Terre d’ici à 2050 ? Peut-on produire plus ?

Une des premières manières de produire plus est d’étendre la surface de champs cultivés et des pâturages. Mais est-il encore possible d’exploiter de nouvelles terres ? Peu de terres sont encore vierges et si la déforestation permet de gagner quelques millions d’hectares chaque année, une surface quasi identique est perdue. L’urbanisation est en effet une des causes majeures du recul des terres agricoles, tout comme la dégradation des sols, érodés par le vent ou la pluie.

Faut-il donc produire plus sur le même espace ? La mécanisation, l’utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires, le recours à l’irrigation ont permis une augmentation conséquente des rendements et de la production. Reste que la majorité des agriculteurs dans le monde continuent le travail avec des outils à main, sans recours aux produits issus de la chimie et sans accès à l’irrigation, cela en grande partie pour des raisons financières.

Les sciences et techniques ont également permis à l’homme de développer une emprise sur la nature, en contrôlant des facteurs génétiques ou en créant des conditions d’élevage ou de culture hors-sol favorable à une production intensive.

• ...produire durable ?

(partie verte)

© Nicolas Franchot, 2011

Il faut produire toujours plus, mais avec moins, moins de terre, moins d’eau, moins d’énergie…Soumises au surpâturage, à la culture intensive ou à la déforestation, de nombreuses terres se dégradent, devenant impropres à l’agriculture, le réchauffement climatique amplifiant le phénomène d’érosion et de désertification. L’eau, nécessaire à toute production agricole, vient également à manquer.

Soucieuse de produire toujours plus, l’agriculture a cependant des conséquences environnementales et sanitaires dommageables voire irrémédiables, aussi bien pour les milieux abritant faune et flore que pour l’homme lui-même. La pollution des ressources liée aux engrais et aux produits phytosanitaires, les risques sanitaires encourus par l’agriculteur ou par le consommateur, la perte de biodiversité seront sans doute à plus ou moins long terme des facteurs limitants dans cette course à la production.

Il est désormais nécessaire de continuer à produire tout en préservant nos ressources. Le recours à la génétique (OGM), la mise en œuvre de procédés naturels (agriculture biologique), l’utilisation plus modérée et ponctuels d’intrants (agriculture raisonnée, agriculture écologiquement intensive…) sont autant de pistes actuellement suivies pour tenter de combiner production et préservation des ressources.

• ...produire équitable ?

(partie orange)

© Le Compa, 2011

S’il s’agit de produire plus, pour nourrir de plus en plus d’hommes, encore faut-il que cette nourriture soit disponible et accessible à tous. Il est sans doute nécessaire de repenser les rapports entre producteurs et consommateurs afin que les premiers parviennent à vivre de leur production et que les seconds puissent acheter ces produits agricoles. Les circuits courts permettent par exemple un rapport direct réduisant les coûts. Le commerce équitable responsabilise quant à lui les consommateurs des pays du Nord, soutenant ainsi les producteurs de pays du Sud.

De plus en plus, le consommateur a un rôle à jouer en modifiant son comportement et en adoptant une alimentation responsable. Un consommateur citoyen qui se renseigne sur l’aide alimentaire, qui aide à réduire le pourcentage de nourriture produite et jetée sans être consommée, qui s’interroge sur ses pratiques alimentaires, notamment sur sa consommation de viande.

Par delà les citoyens, les Etats ont également des choix à faire pour assurer la sécurité alimentaire de leurs populations, en mettant en œuvre des politiques agricoles visant à concilier soutien des producteurs et prix acceptables pour le consommateur.

• Grand jeu collectif interactif : Et nous ?

grand jeu
© Nicolas Franchot, Le Compa, 2011

Au centre de l’exposition, un grand jeu interactif collectif invite le visiteur à faire ses propres choix, suscitant le débat : des choix de modes de production de la nourriture, de protection de l’environnement, d’accès aux aliments produits… Pour répondre à la question « comment nourrir de plus en plus d’hommes ? », il n’y a pas une seule mais de multiples solutions combinées entre elles.

Le sujet de la faim dans le monde mérite que chacun réfléchisse, à son niveau, à ce qu’il peut changer dans ses habitudes, que l’on s’oriente plus vers des approches économiques, sociales, environnementales ou politiques.

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Et aussi :

Téléchargez le parcours de l'exposition :

application/pdf Parcours La Fin de la faim

Téléchargez le plan de visite :

application/pdf Plan de visite