Le compa

Les conférences de 2010

Conférences et visites du 01 janvier 2010 au 31 décembre 2010

© N. Franchot, 2010

Le temps d'un dimanche, Le Compa propose des visites-ateliers pour découvrir en détails un espace thématique de l’exposition "Eaux".

Le 31 janvier : Conférence "L'eau dans l'univers"

 

Par Jacques Crovisier, astronome à l'Observatoire de Paris.

Pour aller plus loin ...
Si l'eau n'est pas rare à l'échelle de l'univers, son existence à l'état liquide est en revanche exceptionnelle. La Terre reste à ce jour la seule planète connue où cet état existe de manière certaine, du moins en surface.

L'hydrogène et l'oxygène comptent avec, l’hélium, le carbone et l'azote, parmi les atomes les plus abondants à l'échelle de l'univers. Cette disponibilité contribue à faire de la molécule d'eau la seconde la plus représentée dans le cosmos. Cette eau, présente sous forme de vapeur ou de glace, se trouve pour l'essentiel dans les nébuleuses, sortes de nuages diffus composés de gaz et de poussières interstellaires.

A l'échelle du système solaire, l'eau est également abondamment présente. Mais si toutes les planètes qui le composent ont possédé de l'eau lors de leur formation, leur devenir a donné lieu à des situations très variées, selon leur structure, selon leur distance vis-à-vis du Soleil et selon leur taille. Parmi elles, et compte tenu du domaine étroit de température et de pression qui rendent cet état possible, la Terre est, à ce jour, la seule sur laquelle existe de manière certaine l'eau sous sa forme liquide.

Téléchargez le communiqué de presse de la conférence : CP Eau dans l'univers

Le 28 février : Conférence "Entre imaginaire et réalité, le grand bestiaire des mers"

 

Le bestiaire marin, par Jean-Baptiste de Panafieu

Monstres terrifiants, poissons délicieux, coquillages précieux : sources d’inspiration ou matières premières, nous profitons depuis toujours des trésors que nous offrent les océans. Conteurs, moralistes, pêcheurs, artisans, biologistes, tous ont trouvé dans le monde marin de quoi satisfaire leurs besoins mais aussi de quoi nourrir leur imagination et leur curiosité. Aujourd’hui, l’exploitation des océans montre ses limites, mais leur exploration n’a pas fini de nous faire rêver !

Méduses : biologie et mythologie, par Jacqueline Goy
Des méduses au musée ? Quelle drôle d’idée ! Pas tout à fait…
Ces animaux marins prennent tout naturellement place dans l’exposition temporaire "EAUX". Car tout est fait d’eau ou repose sur les propriétés de cet élément. L’eau est au cœur de toutes les vies, planétaires, humaines, végétales et animales … Les méduses en sont un exemple extrême : 98% d'eau.
Mais au-delà de cette caractéristique biologique, les méduses n'ont cessé de hanter notre imaginaire. Re-découvrez les mythes et légendes de ces animaux.

Courtes biographies
Jean-Baptiste de Panafieu : auteur scientifique, écrit pour les jeunes et le grand public des livres sur la vie des océans, l'écologie, l'évolution des êtres vivants, etc. Il est également réalisateur et scénariste de documentaires pour la télévision. Sur le thème des océans et de la vie marine, il a récemment publié Le bestiaire marin (Plume de Carotte) et Les bêtes qui crachent, qui collent, qui croquent, à la mer (Gulf Stream).

Jacqueline Goy : attachée scientifique à l'Institut Océanographique de Paris, Jacqueline Goy est une spécialiste reconnue des méduses. Elle a collaboré à plusieurs projets de vulgarisation autour de ces animaux, notamment à la rédaction du dossier Web "Un musée médusé" (Le Compa, Hiver 2009).

Télécharger le communiqué de presse de la conférence : CP Conférence Animaux marins

Le 28 mars : Conférence "L'eau, un trésor en partage"

Par Ghislain de Marsily, Académie des Sciences, Paris, est spécialisé en sciences de la terre, plus particulièrement en hydrogéologie, stockage des déchets, problèmes d’environnement et de ressources en eau. Depuis quelques années, il s’intéresse plus particulièrement aux effets des changements climatiques sur les ressources en eau.

L'eau dans le monde
Les ressources en eau douce ne sont pas inépuisables; il est indispensable de ne pas les gaspiller. La recherche de toute économie d’eau est donc une priorité afin d’atténuer le risque d’un déséquilibre entre la demande et la ressource disponible.

Des ressources inégales, inégalement consommées
L’eau douce est inégalement répartie à la surface de la planète. Neuf pays se partagent 60% des ressources naturelles renouvelables d’eau douce : le Brésil, la Russie, les États-Unis, le Canada, la Chine, l’Indonésie, l’Inde, la Colombie et le Pérou. Dans des zones très arrosées et peu peuplées (Islande, Sibérie, Nord-Ouest canadien, Alaska, Congo, Gabon), chaque habitant dispose de 100 000 m3 par an. À l’inverse, au Moyen-Orient, en Inde ou en Afrique du Nord, les ressources plafonnent entre 1000 et 2000 m3/an/hab.

Pourquoi économiser l’eau ?
L’eau sur la planète se trouve à 97,2% sous la forme salée dans les mers et les océans. L’eau douce facilement disponible est rare : 0,65% (l’eau douce non disponible se trouve soit au niveau des icebergs, soit dans les nappes souterraines profondes, soit dans l’atmosphère).

Une pénurie annoncée
Dans un rapport publié en 1995, la Banque mondiale estimait que 80 pays, représentant 40% de la population mondiale, souffraient déjà d’un manque d’eau. Ce problème est appelé à s’aggraver à cause de l’insuffisance des ressources naturelles et de la pollution. La quantité d’eau douce disponible par habitant s’est réduite de 17 000 m3 en 1950 à 7 500 m3 en 1995. Elle devrait tomber à 5 100 m3 en 2025.
Nous serons alors 8 milliards sur Terre : 3 milliards de personnes disposeront de 1 700 m3 d’eau par an, ce qui les placera en dessous du "seuil d’alerte" fixé par l’Organisation des Nations Unies. Les prévisions sont extrêmement pessimistes pour des pays comme l’Algérie, l’Inde, la Chine …

Télécharger le communiqué de presse de la conférence : CP_eau dans le monde

Le 25 avril 2010 : Projections et conférences "Agricultures et paysages : quels paysages demain ?"

 

Table ronde, suite à la projection, animée par le CAUE d’Eure-et-Loir,
En présence de :

  • Jean-Claude Schmidt, hydrogéologue, chargé du service « EAU » du Conseil général d’Eure-et-Loir,
  • Thomas Renaudin, ingénieur agronome, chef d’exploitation au lycée agricole de la Saussaye,
  • François Roumet, paysagiste DPLG et urbaniste qualifié, à l’agence Roumet Guitel à Chartres.

Imaginer de nouveaux paysages
La prise de conscience récente d’un changement climatique inéluctable, de l’épuisement des ressources fossiles ainsi que de la concurrence sur le foncier aggravée par l’augmentation de la population oblige le monde agricole à réfléchir sur ses orientations. Produire plus et mieux : cela signifie imaginer des systèmes d’exploitation capables de satisfaire les besoins de l’humanité, limiter les risques écologiques et sanitaires, utiliser moins d’intrants provenant des ressources non renouvelables, tout en partageant l’espace pour mieux vivre ensemble.

Dans un tel contexte, il convient de ne négliger aucune piste. Les approches paysagères agronomiques retrouvent une modernité. En s’appuyant sur une connaissance fine de l’histoire, de la géographie de chaque petite région et de ses spécificités naturelles et humaines, elles constituent une clé d’entrée pour les démarches de développement durable des territoires. Elles permettent de guider les choix des agriculteurs en tirant mieux parti des potentiels agronomiques de leur espace de production et d’harmoniser leurs actions avec celles des autres utilisateurs de l’espace pour améliorer le cadre de vie. L’intérêt des richesses naturelles, trop souvent négligées dans les modes de développement récents, augmente au fur et à mesure de l’enchérissement des ressources fossiles et du foncier.

 

Dans les années 1950-1980, le territoire a été organisé pour mettre en œuvre une agriculture industrielle. Un même effort devra être fourni pour réorganiser l’espace au service d’un développement durable qui prenne en compte les caractéristiques économiques, naturelles et humaines de chaque territoire. Il va falloir imaginer de nouveaux paysages, reconnus par le plus grand nombre, capables de répondre à la diversité des usage et des besoins de la société.

Un défi difficile et enthousiasmant pour les agriculteurs mais qui leur demande de trouver des partenaires intéressé par cette orientation. En ce sens, les travaux relatés dans ce document, menés par le monde agricole en lieu avec les conseils en architecture, urbanisme et environnement, sont riches d’enseignements.

Pascal Viné
Directeur général des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires
Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Téléchargez le communiqué de presse de la conférence : CP Agricultures et paysages

Le 26 septembre : Conférence et ateliers "Que faire de nos déchets ?"

 

Longtemps, les hommes ont confié à la nature le soin d'assimiler leurs restes en les enfouissant ou en les donnant en pâture aux porcs et aux autres animaux domestiqués. Ce cycle de la matière fut rompu par l'urbanisation et l'évolution de la quantité des ordures et de leur composition : de moins en moins organiques. Les restes devinrent des déchets dont les édiles tentèrent de se débarrasser en les enfouissant ou en les brûlant.

La Révolution industrielle puis la société du jetable renforcèrent les problèmes d'élimination des déchets. Leur masse s'accrut progressivement puis accusa une évolution exponentielle avec l'accélération du cycle : production, consommation, rejet. Aujourd'hui chaque Français se débarrasse quotidiennement d'un kilo environ d'ordures ménagères. L'invasion des déchets ménagers est devenue un véritable casse-tête.

Les hommes entretiennent avec leurs déchets des relations ambivalentes entre répulsion et attirance. Les plus nantis jettent l'anathème sur les déchets, considérés gênants, sales, voire inquiétants. En revanche, des déshérités et des exclus de la société productive - chômeurs, retraités, prisonniers, handicapés physiques et mentaux, artistes en rupture, populations pauvres des pays en développement - ont des accointances particulières avec les choses et matières jetées. Ils se les approprient et s'emploient à les réhabiliter, en les détournant parfois de leur finalité initiale pour leur redonner vie autrement. Avec beaucoup d'imagination et d'ingéniosité ils les transforment en ressources utilitaires, artistiques ou ludiques.

Après l'euphorie des années de forte croissance, on redécouvrit que les rejets domestiques constituent un filon de "matières premières secondaires" et d'énergies. Avec la raréfaction et la compétition sur les réserves en pétrole, métaux et autres matières premières, les hommes retrouvent le sens de la rareté. Désormais ils sont tenus de trier, recycler et surtout réduire leurs prélèvements de prédateurs. Mais le développement du recyclage ne devrait pas légitimer des systèmes de croissance économique et de surconsommation à l'origine de l'inflation perpétuelle des rebuts. Le recyclage n'est pas la panacée. Le meilleur déchet est celui n'existe pas. De nombreuses pistes sont explorées pour diminuer les flux d'ordures.

La minimisation des flux, les recyclages judicieux et des traitements appropriés sont nécessaires pour éviter d'être submergés par nos rebuts. En effet une pénurie d'exutoires se profile avec l'urbanisation croissante et le refus des populations d'accepter des sites de traitement s'installer à proximité de leurs habitations. Mais l'imagination et l'ingéniosité des humains suffiront-elles ? Sauront-ils affronter ce fléau moderne qui participe à la dégradation de la planète ?

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