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Le dossier web | Hiver 2009

Un musée médusé

Des méduses au musée ? Quelle drôle d’idée ! Pas tout à fait…
Ces animaux marins prennent tout naturellement place dans l’exposition temporaire « EAUX ». Car tout est fait d’eau ou repose sur les propriétés de cet élément. L’eau est au cœur de toutes les vies, planétaires, humaines, végétales et animales …

Les méduses en sont un exemple extrême. Qu’est ce qu’une méduse ? Où les trouve-t-on ? Leur multiplication est-elle signe de pollution ? Ce dossier thématique vous propose de (re)découvrir ces animaux et de dépasser les a priori véhiculés sur ces masses « gélatineuses ». Croyez-nous, vous en serez médusés !

Pollution et méduses

Quels liens ?

Depuis quelques années les méduses ont les honneurs des médias. Les méduses sont connues par le grand public par leurs piqûres qui effraient beaucoup de touristes. Elles sont ainsi accusées de perturber les vacances par leur prolifération sur nos côtes. Que signifie cette multiplication ? Quels en sont les liens avec le réchauffement climatique, les engrais agricoles ou en encore la surpêche ? Pour mieux comprendre la multiplication de ces espèces, trois exemples forts de modifications de l’environnement marin. Une réalité qui ne laisse pas indifférent.

Banc d'Aurelia aurita en Guadeloupe
© Vincent MARAN, doris.ffessm.fr

Méduses et réchauffement climatique

Certaines mers sont particulièrement envahies par des méduses. La mer Baltique est devenue une « soupe de méduses » à cause des centrales nucléaires. Les circuits de refroidissement rejettent une eau à température constante, voisine de 16°. Dans ces conditions il n’y a plus d’hiver pour réguler la reproduction. Les Aurelia produisent des méduses constamment jusqu’à colmater les filtres des centrales. Cette nuisance a un impact sur les stocks de poissons car les méduses ont dévoré les œufs et les larves de harengs. En quelques années la mer Baltique a perdu sa population de poissons. Les méduses y sont désormais durablement installées. On a là un bon exemple de l’effet d’un réchauffement climatique, certes à l’échelle locale, mais il traduit bien le disfonctionnement engendré par une hausse des températures.

Sur la façade Atlantique Pelagia noctiluca
© Frédéric ANDRE, doris.ffessm.fr

La Méditerranée n’est pas épargnée. On y trouve Pelagia noctiluca, méduse de 15cm de diamètre, la plus urticante des espèces de nos côtes. Jusque dans les années 1990, les pullulations de Pelagia noctiluca avaient une périodicité de douze ans, bien reliées à des printemps précoces, chauds et secs. Depuis, le rythme est perturbé. Si le réchauffement climatique induit une augmentation significative de la température de la mer, l’effet pourrait bien être une permanence de Pelagia sur nos côtes, ce qui serait une catastrophe pour le tourisme…

Méduses et pollutions agricoles

En Chine, on a augmenté les rendements agricoles à coup d’épandage d’engrais en excès que les lessivages des pluies entraînent vers la mer. Là, ils ont la même action que dans les champs. Ils favorisent le développement des végétaux marins, en particulier les algues unicellulaires. La chaîne alimentaire est alors enclenchée avec tous les processus des animaux planctoniques. Les méduses carnivores bénéficient de cet apport massif de nourriture. Elles ont envahi la mer de Chine, sont parvenues au Japon. Elles perturbent alors la pêche par consommation d’œufs et d’alevins tout en colmatant les filets des pêcheurs. Le rendement de l’effort de pêche est désormais nul. C’est donc la conséquence d’une eutrophisation : en augmentant la production agricole, on a détruit les rendements de la pêche.

Méduses et surpêche

Les côtes de l’Afrique de l’ouest sont réputées pour les abondances de poissons. De fait, les états africains ont échangé les quotas de pêche contre un développement de leurs économies. Des navires usines ont ratissé les poissons jusqu’au dernier, laissant disponible une quantité de nourriture que les méduses se sont empressées d’engloutir pour se reproduire de plus belle. La « soupe de méduse » est, là aussi, due à une activité humaine non contrôlée.

Expert scientifique : Jacqueline GOY, Attachée scientifique, Institut océanographique de Paris.

Et aussi :

Groupe de méduses Aurelia aurita, présentées dans l'aquarium du Compa.

"Zoom sur..." : des visites zoom et des conférences thématiques sur l'exposition "EAUX"

 

Le 28 février 2010 : "Zoom sur... L'eau et les animaux marins"

Affiche de l'exposition "Eaux" au Compa du 19 février 2009 à août 2010.

En savoir plus sur...

l'exposition "EAUX"

Portrait de Jacqueline Goy

Qui est Jacqueline GOY ?

 

Spécialiste reconnue des méduses, attachée scientifique à l'Institut Océanographique de Paris, Jacqueline GOY a collaboré à la rédaction de ce dossier Web sur le thème des méduses.
En savoir + sur ... Jacqueline Goy :
"La dame aux méduses"
(Revue Sciences Ouest, n°182, 2002)

Tout savoir sur la faune et la flore subaquatiques :

 

Le site Internet DORIS propose des fiches richement illustrées.