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Le dossier web | Hiver 2009

Un musée médusé

Des méduses au musée ? Quelle drôle d’idée ! Pas tout à fait…
Ces animaux marins prennent tout naturellement place dans l’exposition temporaire « EAUX ». Car tout est fait d’eau ou repose sur les propriétés de cet élément. L’eau est au cœur de toutes les vies, planétaires, humaines, végétales et animales …

Les méduses en sont un exemple extrême. Qu’est ce qu’une méduse ? Où les trouve-t-on ? Leur multiplication est-elle signe de pollution ? Ce dossier thématique vous propose de (re)découvrir ces animaux et de dépasser les a priori véhiculés sur ces masses « gélatineuses ». Croyez-nous, vous en serez médusés !

Des méduses partout ...

... dans toutes les eaux

Si les méduses marines sont les plus abondantes, il existe également de petites méduses qui vivent dans les eaux douces. En fait les méduses ont colonisé toutes les eaux. On les trouve aussi bien dans les eaux froides polaires que dans les eaux chaudes intertropicales. Et à toutes les profondeurs de la surface jusqu’aux zones abyssales !

Craspedacusta sowerbyi en pleine eau - méduse d'eau douce
© Christophe DEHONDT, doris.ffessm.fr

Moins connues, les méduses d’eau douce

On connaît un millier d’espèces de méduses qui se répartissent dans tous les océans. Les espèces d’eaux douces sont moins nombreuses avec deux genres :

- Limnocnida en Afrique et en Asie,
- et Craspedacusta en Europe, Asie, Afrique, Amérique et Australie.

Craspedacusta sowerbyi est l’espèce européenne, repérée dès 1880, dans un parc à Londres. Elle est largement distribuée dans les cours d’eau, les lacs et les étangs. Elle est bien connue des pêcheurs qui s’inquiètent parfois de la présence d’un animal aussi insolite. Son cycle de vie passe par deux stades.

  1. Le polype fixé qui bourgeonne par reproduction asexuée : une méduse sur laquelle vont apparaître les gonades mâles ou femelles puisque les sexes sont séparés.
  2. Après la fécondation, l’œuf évolue en petite larve planula qui se fixe sur le fond. Si les conditions de l’environnement se dégradent, la larve s’enkyste et attend sous cette forme que la situation s’améliore. Ce kyste peut adhérer aux pattes des oiseaux qui participent ainsi à la colonisation de nouveaux bassins.

La présence des méduses dans les eaux douces est un indice de leurs qualités. C’est un élément important pour tester le degré de pollution. A cause de cette répartition dans les eaux douces, ces méduses forment une classe à part, les Limnoméduses. Les autres se répartissent en Hydroméduses parce qu’elles ont une fine membrane, le velum, qui obture une partie de l’espace sous l’ombrelle et en Scyphoméduses qui sont les grosses méduses si redoutées des baigneurs.

La grande diversité des méduses d’eau de mer

En mer, la diversité est grande. Chaque espèce est présente dans des gammes de température bien précises. En Méditerranée par exemple, on a recensé 170 espèces, certaines avec des exigences de température telles qu’un calendrier a pu être établi. Les espèces présentes pendant l’hiver ont aussi des spécimens récoltés dans les eaux froides de l’Atlantique nord et les espèces estivales ont aussi des représentants dans les eaux intertropicales. C’est à partir de ces données assez précises que l’on peut repérer les anomalies dans les apparitions. Les méduses sont ainsi devenues de bons indicateurs des modifications de l’environnement marin.

Pelagia, plus communément appelée Pélagie
© Frédéric ANDRE, doris.ffessm.fr

Certaines espèces vivent en profondeur. On les connaît grâce aux pêches effectuées avec des sortes de chaluts pélagiques. Elles sont souvent colorées en rouge vif.

Si la durée de vie des très grandes méduses qui atteignent 6 m de hauteur est totalement inconnue, les méduses meurent après une seule période de reproduction. Certaines espèces ne vivent que quelques jours mais la plupart des grosses méduses de nos côtes ne vivent pas au-delà d’une année.

Enfin la plupart des méduses produisent de la lumière, elles sont luminescentes et contribuent à illuminer la surface de la mer pendant la nuit.

Expert scientifique : Jacqueline GOY, Attachée scientifique, Institut océanographique de Paris.

Et aussi :

Groupe de méduses Aurelia aurita, présentées dans l'aquarium du Compa.

"Zoom sur..." : des visites zoom et des conférences thématiques sur l'exposition "EAUX"

 

Le 28 février 2010 : "Zoom sur... L'eau et les animaux marins"

Affiche de l'exposition "Eaux" au Compa du 19 février 2009 à août 2010.

En savoir plus sur...

l'exposition "EAUX"

Portrait de Jacqueline Goy

Qui est Jacqueline GOY ?

 

Spécialiste reconnue des méduses, attachée scientifique à l'Institut Océanographique de Paris, Jacqueline GOY a collaboré à la rédaction de ce dossier Web sur le thème des méduses.
En savoir + sur ... Jacqueline Goy :
"La dame aux méduses"
(Revue Sciences Ouest, n°182, 2002)

Tout savoir sur la faune et la flore subaquatiques :

 

Le site Internet DORIS propose des fiches richement illustrées.