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Le dossier web | Printemps 2012

Machines agricoles et moulins de Beauce en maquettes

Les Lilliputiens s’invitent au musée !

Pendant la belle saison (printemps-été 2012), les maquettes agricoles sont à l’honneur au Compa, avec une mini-exposition au sein des collections permanentes et un événement le 3 juin, en lien avec l’organisation du salon européen de la miniature agricole, véritable institution qui a lieu chaque année à Chartres depuis presque 20 ans. Atelier « maquettes » et visites commentées sont au programme.

Une occasion de faire un point sur les maquettes agricoles, un sujet passionnant !

Qu’est-ce qu’une maquette ?

© Le Compa

Exposition "La collection Champeau", Le Compa, 21 mars-15 août 2012

Un peu d’histoire
Au 18ème siècle – siècle des Lumières et de l’Encyclopédie –, les maquettes font l’objet d’un grand intérêt, en raison de l’engouement nouveau pour les sciences et les techniques. On les trouve dans les cabinets des érudits et dans les réunions des premières sociétés savantes.

La maquette connaît son « âge d’or » au 19ème siècle. Elle devient un élément de connaissance et un symbole du progrès technique en marche. Ces modèles se répandent dans le grand public lors des cours d’enseignement agricole ; ils sont aussi exposés à l’occasion de grandes manifestations internationales.

Aujourd’hui, un glissement dans les usages de la maquette s’est opéré. L’agri-modélisme est devenu une pratique individuelle, objet de loisirs, qui réunit une communauté active de passionnés.

© Le Compa

Exposition "Agricultures miniatures", Le Compa, 5 juin au 12 décembre 2010

 

 

 

 

 

Une question de vocabulaire
Derrière les termes « maquette », « modèle réduit » ou encore « miniature », des différences se dessinent.

Tout commence par la « maquette », « reproduction fidèle, à une échelle choisie, de quelque chose qui existe » (D. Puidoube, 1997). A partir de cette définition, se décline le « modèle réduit » qui « s’éloigne de la réalité, laisse part à l’invention ». La notion de « miniature », quant à elle, est associée par extension au maquettisme, car elle reflète la notion du très petit, de la réduction. Dans la pratique actuelle, ces trois termes sont synonymes.

La différence s’incarne avec le « jouet » qui n’est pas contraint à la reproduction fidèle d’un modèle ayant existé à l’échelle 1. Les premiers jouets agricoles manufacturés datent des années 1920 et se déploient à partir de 1930.

Dans les années 1950, l’usage publicitaire de la réduction de la miniature agricole se développe : elle est offerte par le vendeur à ses clients. Cela donne lieu à de très belles réalisations promotionnelles et commerciales, par exemple chez Bourbon, Cursor, Mont Blanc.

Des jeux d’échelles
L’échelle se traduit sous la forme d’une fraction, par exemple le 1/10e. C’est-à-dire que 1 cm sur une maquette correspond à 10 cm sur le modèle réel. Celui-ci est le référent à l’échelle 1.

Au 19ème siècle, pour la réalisation des modèles pédagogiques, on observe une certaine homogénéité dans les échelles des constructeurs. Les choix se portent alors essentiellement sur le 1/5e, le 1/10e ou le 1/20e.

Aujourd’hui, en agri-modélisme, les plus communes sont le 1/16e, 1/32e, 1/64e, 1/87e mais l’échelle « reine », en Europe, est le 1/32e contre le 1/16ème et le 1/64e aux Etats-Unis. On notera l’utilisation du 1/43e qui est l’échelle traditionnelle de la miniature automobile et qui trouve place dans le marché de la miniature agricole. Le choix d’une échelle répond souvent à des affinités personnelles et culturelles, mais également à des intérêts pratiques de stockage ou de coût.

© Le Compa

Exposition "Agricultures miniatures", Le Compa, 5 juin au 12 décembre 2010

 

 

 

 

 

Du bois ou du plastique ?
En bois, en métal, en plastique, le choix des matériaux des maquettes a une incidence forte sur la qualité d’exécution et la finesse des détails. Ils témoignent également d’une époque. Au 19ème siècle, le matériau de référence est le métal. Le réalisme de ces pièces est saisissant.

Dans les années 1950, c’est l’avènement du plastique. Son utilisation pour la miniature agricole se généralise. Faible coût de revient et facilité de travail le caractérisent. Certaines marques, comme Cursor ou Rex, n’utilisent plus que ce matériau pour développer leurs gammes.

L’utilisation du bois, par contre, reste l’apanage des maquettes artisanales, à l’image de celles fabriquées par Georges Champeau ou Charles Marcel-Robillard, présentées un peu plus loin dans le dossier.

© Le Compa

© Le Compa

Exposition "Agricultures miniatures", Le Compa, 5 juin au 12 décembre 2010