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Le dossier web | Hiver 2011

Les Rencontres cinématographiques du Compa

Les Rencontres cinématographiques du Compa sont la suite d’une réflexion sur les images du monde rural et leur impact. Ces Rencontres ont pour ambition d’aider à regarder et à réfléchir les images d’hier et d’aujourd’hui, de valoriser la connaissance audiovisuelle et la compréhension larges autour des changements qui affectent le rapport rural/urbain. Les films programmés apportent un éclairage original sur le monde rural et ses mutations. Echanges et débats d’historiens, sociologues, réalisateurs, critiques de cinéma prolongent, avec le public, les réflexions menées par le musée.
Gratuit pour tous, ce festival développe également, au fil des éditions, une programmation dédiée aux scolaires (séances et médiation autour d’ateliers thématiques).

Les films au Compa

Rencontres autour d’un thème : l’étranger à la campagne
Les Rencontres cinéma du Compa à Chartres, se consacrent cette année au thème de « L’Étranger » dans le monde rural. Identité, altérité, intégration, exclusion, autant de questions abordées dans les fictions et les documentaires de cette 6es édition. Quelles relations s’instaurent entre les autochtones villageois, aux fortes racines locales et les nouveaux venus d’origines fort diverses : travailleurs immigrés, néo ruraux, citadins en mal de campagne… ?

Toutes les séances sont gratuites et ouvertes à tout public
Les films sont en VO sous-titrés français.
Programmation sous réserve de modification éventuelle.

Une salle de cinéma au Compa

A l’occasion des rencontres cinématographiques, le Compa met en place une salle de cinéma pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes. Une cabine de projection équipée d’un projecteur 35mm est également installée pour l’occasion.

 

Les films projetés au Compa

 

Mercredi 25 janvier

10h- Le château des singes, Jean-François Laguionie, 1999, 1h20 (à partir de 3 ans)

Au pays des singes, deux tribus vivent sans échanger le moindre contact. Les Woonkos qui vivent au sommet d'une forêt pensent que tout ce qui est en bas est mauvais. Les Laankos qui vivent au bord d'un lac pensent que ceux qui occupent le sommet des arbres sont des sauvages. Un jour, un jeune Woonko refuse de croire à ces légendes, tombe et se retrouve projeté dans le monde des Laankos.

 

14h- Travail d’Arabe, Christian Philibert, 2002, 1h28

D’un côté, Momo, d’origine maghrébine qui sort tout juste de prison après un petit délit et qui cherche à s’intégrer dans une communauté villageoise, et de l’autre, ses patrons chauffagistes aux attitudes frauduleuses qui s’occupent davantage de leurs comptes en banque que de leurs clients. Qui mérite le plus d’aller en prison ?

 

16h- Toni, Jean Renoir, 1935, 1h25

Immigré italien, Toni vient travailler dans les carrières de Provence. Il vit avec Marie sa logeuse, mais tombe amoureux de Joséfa, immigrée espagnole mariée à un personnage brutal et sans scrupules.

 

 

18h- Conférence « Etre étranger en campagne » par Ronald Hubscher, Historien et conseiller scientifique des Rencontres

Dans le monde rural, l’étranger ou "l'Autre", revêt des aspects multiformes que les cinéastes reprennent à leur compte dans leur vision de la campagne.

 

20h30- Tamara Drewe, Stephen Frears, 2009, 1h49

Film présenté hors compétition au Festival de Cannes 2010.

Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cœurs, Tamara Drewe est l’amazone londonienne du XXIème siècle. Son retour au village est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix. Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock-star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara.

Projection suivie d’un échange avec Guy Chapouillié, directeur de l’ESAV, Université de Toulouse le Mirail

Jeudi 26 janvier

16h- Documentaires :

Le mal du pays, Bernard Dartigues, 1990, 52 min

Ce documentaire analyse les conditions d'installation et d'intégration, en France, de ressortissants hollandais. Les valeurs culturelles, les mentalités partagées ou dissemblables, révélées par d'âpres négociations, nous éclairent aussi sur la "construction" de l'Europe.

Nouvelle patrie, Armand Chartier, 1949, 25 min

Mise en scène illustrant la politique agricole française d'après-guerre. Devant le manque de main d'œuvre, arrivent des immigrés dans les exploitations agricoles françaises. Leur intégration dans les régions agricoles du pays se fait aisément. La volonté de réalisme veut montrer la réussite de cette politique.

 

18h- Les sables mouvants, Paul Carpita, 1996, 1h45

En 1958, Manuel fuit l’Espagne franquiste où il est recherché pour avoir blessé un garde civil lors de la répression d’une grève à Bilbao. Il arrive sans ressources en Camargue, prêt à prendre n’importe quel travail. Il est embauché par un certain Roger, homme fruste et brutal qui exploite sans scrupule des étrangers en situation irrégulière dans les rizières.

 

20h30- Le Christ s’est arrêté à Eboli, Francesco Rosi, 1979, 2h25

Grand prix du festival international du film de Moscou en 1979

Antifasciste notoire, Carlo Levi est assigné à résidence en 1935 dans un village perdu et arriéré de Lucanie, un autre monde pour ce citadin turinois. Romancier et médecin, il se met peu à peu à soigner les paysans pauvres de la campagne pour lesquels il s’est pris de sympathie et qui le lui rendent bien, ce que supportent mal les notables du cru.

 

Vendredi 27 janvier

16h- Documentaires :

Les enfants de Millevaches, Luc Leclerc, 1990, 22mn

Depuis plus d’un siècle, le plateau limousin de Millevaches voyait ses jeunes le quitter pour trouver ailleurs une vie meilleure. Depuis les années 1980, le mouvement s’est inversé à la suite de la venue successive de migrants, Hollandais, Anglais, Kurdes reçus avec chaleur. La rencontre de plusieurs traditions a donné lieu à une expérience originale de développement agricole et social qui vaut le déplacement !

Les moissons de l’utopie, Yves Billon, 1995, 52mn

Ils partirent babas, ils arrivèrent paysans... Ils fuyaient la ville, ils refusaient la course folle du progrès et les faux besoins de la société de consommation.
Les Moissons de l’utopie confronte les discours et les images des néoruraux de l’époque à la réalité d’aujourd’hui. Portraits de ces "nouveaux paysans" qui ont su, au fil des ans, préserver leurs désirs et prolonger leurs rêves.

 

18h00- A la campagne, Manuel Poirier, 1995, 1h38

Après un séjour à Fleury Mérogis, quoi de meilleur qu’un séjour à la campagne ?C’est le choix que fait Lila qui sort de prison et qui va rejoindre sa sœur à Brionne dans l’Eure. Très vite, elle fait la connaissance de Benoît, un exilé en rupture avec son passé.Une idylle entre ville et campagne qui pourrait bien durer !

 

20h30- Le pays bleu, Jean Charles Tacchella, 1976, 1h42

Avec Brigitte Fossey et Ginette Garcin

Louise est une jeune infirmière qui s’installe dans un village de Provence et veut se défaire de son identité de Parisienne pour devenir « une vraie paysanne ». Elle noue une relation avec Mathias, homme de la terre. Un jour, elle convie à déjeuner tous les gens de la vallée, voulant transcender les frontières entre autochtones et nouveaux arrivés, citadins « écolos » nostalgiques d’une vie campagnarde à l’ancienne.

 

Samedi 28 janvier

10h30- Le château des singes, Jean-François Laguionie, 1999, 1h20 (à partir de 3 ans)

Cf. Mercredi 25 janvier 10h

14h- Sélection de courts-métrages

Corps étrangers, Nael Marandin, fiction, 2007, 22 min

Elle est Chinoise tout juste arrivée en France. Perdue dans ce pays dont elle ne parle pas la langue, elle erre dans la banlieue nord de Paris. Lui, se laisse porter par une vie qui ne le satisfait pas.

Irinka et Sandrinka, Sandrine Stoïanov, animation, 2007, 16 min

Cinquante ans séparent Irène et Sandrine. L'une, issue de la noblesse russe, a vécu la chute du régime, l'absence d'un père exilé, l'accueil dans une famille d'adoption. L'autre, a grandi en passant son temps à recomposer dans ses yeux d'enfant le monde d'une Russie de contes de fées.

De l’autre côté, Nassim Amaouche, fiction, 2003, 30 min

Samir est un jeune avocat issu d'un milieu ouvrier. Il a quitté sa famille installée dans un quartier populaire, pour habiter à Paris. A l'occasion de la circoncision de son petit frère, il retourne quelques jours chez ses parents.

Histoire tragique avec fin heureuse, Regina Pessoa, Animation, 2005, 8 min

Il y a des gens qui sont différents malgré eux et qui voudraient juste ressembler aux autres, se fondre délicieusement dans la foule et il y en a d’autres qui assument…

 

16h- La vie sans Brahim, Laurent Chevallier, 2003, 1h04

A Soisy-sur-Ecole, village de l’Essonne, Mostafa, d’origine Marocaine, possède l’épicerie. Un jour, il rencontre un compatriote, Brahim, depuis longtemps exilé de sa terre natale. De dégringolade en dégringolade, ce clandestin est devenu SDF, alcoolique. Mostafa l’aide à se relever, lui confie la gérance de l’épicerie et le prend en grande affection. En quelques années, Brahim va devenir le personnage le plus aimé, le plus indispensable à la vie de cette bourgade.

Projection suivie d’un échange avec Laurent Chevallier, réalisateur.

 

18h- Sans toit ni loi, Agnès Varda, 1985, 1h45

Au festival du Film de Venise 1985, Lion d'Or pour Agnès Varda.

Une jeune fille est trouvée morte de froid au pied d’un vignoble. Que pouvait-on savoir d’elle? Peu à peu s’ébauche le portrait de Mona, une ancienne secrétaire en quête de liberté.

 

 

Soirée Jazz Manouche

20h30- Gadjo Dilo, Tony Gatlif, 1997, 1h40

A la mort de son père, Stéphane part en Roumanie à la recherche d’une chanteuse inconnue qui émerveillait son géniteur. Quelque peu perdu, il est pris en amitié par un vieux musicien ivrogne qui l’emmène dans un village où résident des tziganes. Hostilité : il est le gadjo, l’étranger, curiosité, confrontation, puis compréhension réciproque se succèdent, avec une histoire d’amour à la clé. On chante, on danse, on boit avec excès.

Projection suivie d’un concert de Jazz Manouche du Trio Watremez

Ce trio nous transporte dans un imaginaire aux parfums tantôt venu des Balkans, tantôt de l’Orient, et où le jazz trouve une expression naturelle.

Dimanche 29 janvier

10h30- Michou d’Auber, Thomas Gilou, 2005, 2h04

Messaoud dit Michou, né à Aubervilliers de père algérien, est placé dans une famille d’accueil du Berry. Gisèle dissimule son identité, redoutant les préjugés des villageois et les réactions de son mari Georges, ancien d’Indochine. Celui-ci finit par s’attacher profondément au gamin, accepte l’altérité, et rompt avec ses amis partisans de l’Algérie française qui s’en étaient pris à son protégé. De son côté, l’enfant caché devra faire son chemin entre deux cultures, celle catholique, de la France profonde, et la sienne, musulmane et maghrébine.

 

15h- L’homme des hautes plaines, Clint Eastwood, 1973, 1h42

En plein désert du Sud Ouest américain, un étranger arrive à Lago, un village terrorisé par des bandits. Les habitants lui demandent alors de les sauver de l'attaque de trois bandits qui ont juré la destruction de la communauté. Il accepte mais à des conditions qui vont bouleverser le conformisme de la bourgade...

Projection suivie d’un échange avec Yann Roblou, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma américain, Université de Valenciennes.