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Le dossier web | été 2011

Les coulisses de la fête de l'animal de ferme

Du 8 au 11 septembre, le Compa organise la fête de l’animal de ferme.
Même si le département de l’Eure-et-Loir est plutôt considéré comme le grenier à blé de la France, l’élevage eurélien brille par la qualité de son cheptel.

Cette réputation est confirmée tous les ans lors des salons nationaux d’agriculture où de nombreux éleveurs du département sont récompensés.

Poules, lapins, chèvres, moutons, porcelets, veaux et vaches, chevaux, ânes sont présents au 3ème salon de l’animal pour le plaisir des plus petits comme des plus grands. C’est l’occasion de découvrir les métiers en relation avec ces animaux et de faire un zoom sur certaines races élevées en Eure-et-Loir.

Être éleveur en Eure-et-Loir

Entretien avec un éleveur de vaches laitières, et céréalier du Perche. Il nous présente, avec passion et émotion, son quotidien avec les animaux et sa vie à la ferme.

L’exploitation

Thierry Meret possède 180 bovins (vaches, veaux et taurillons) dont 50 vaches laitières qu’il faut traire deux fois par jour, week-ends et jours fériés compris. Cette ferme a une production de 400 000 kg de lait par an.

Il n’élève que des vaches Prim Holstein, race laitière par excellence ; la vache à lait la plus répandue. Les vaches sont dans les prés avec possibilité de rentrer ou sortir de l’étable librement mais sont enfermées l’hiver. Les veaux vivent dans l’étable toute l’année.

Il n’y a pas de taureau sur l’exploitation ; la procréation se fait par insémination artificielle, ce qui permet de contrôler les naissances et donner les meilleurs veaux possibles (bons producteurs de lait et bons pour les concours).

De son troupeau, il garde deux vaches auxquelles il est particulièrement attaché ; ce sont ces vaches qui participent aux concours. Il détient d’ailleurs de nombreux titres.

Déroulement d’une journée de travail

La traite :
La traite s’effectue deux fois par jour : le matin à 7h et le soir à 18h.
Pour ses 50 vaches, il faut compter environ 1h30.

L’éleveur trie tout d’abord les vaches et les enferme dans une salle d’attente. Il nettoie ensuite les trayons avec un produit savonneux pour éviter les maladies. Il branche alors l’animal à la machine à traire (ou trayeuse) pendant 5 minutes. Avant de le relâcher, il passe un produit iodé sur les trayons afin d’éviter l’infection.

La vache va alors manger sa ration journalière de 25 kg de matière sèche (maïs ensilage, concentré fermier, minéraux et fibres).

L’exploitation est équipée d’une salle de 2 fois 8 vaches, pour traire 16 vaches à la fois. Chaque vache produit environ 25L (ou kg) de lait par jour.

Le lait :

Une fois le lait extrait, il est stocké dans de grandes cuves réfrigérées en inox et collecté tous les 2 à 3 jours. Il y a des contrôles tous les mois pour vérifier le taux de matière grasse, les dates…

En France, deux grands groupes laitiers se partagent le marché du lait : Lactalis et les Fromageries Bel. Des accords existent entre eux : quand notre éleveur vend son lait aux Fromageries Bel, c’est une personne du groupe Lactalis qui vient le chercher avant de le revendre aux Fromageries Bel…

 

 

 

C’est le cours de la bourse du lait qui fixe les prix, ce n’est donc pas l’éleveur qui le vend au prix qu’il souhaite.

Les autres travaux de la journée :

Pendant la journée, il faut préparer la nourriture, nettoyer les animaux et les locaux, s’occuper de la partie céréalière de l‘exploitation, et s’occuper de la comptabilité.

Pour les tâches d’élevage, il est aidé d’un vacher toute la semaine et 1 week-end sur 2.

Après la naissance des veaux

Le veau se nourrit de lait maternel jusqu’à 3 mois.
Si c’est un mâle, il est vendu à l’abattoir avant ses 24 mois.
Si c’est une femelle, vers l’âge de 2/3 ans, elle est inséminée artificiellement pour mettre bas 9 mois plus tard.

Lorsqu’une vache met bas, elle produit du lait pendant 300 jours. Elle se repose ensuite 2 mois avant de vêler une nouvelle fois pour reproduire du lait.

Elle a donc approximativement 1 veau par an.
Au bout de 3 à 4 lactations, la qualité du lait s’amoindrit et la vache part à l’abattoir (donc vers l’âge de 6 ans).

Toutes les vaches ont un nom : comme les animaux de compagnie, il y a une lettre par an ce qui permet de repérer facilement l’âge des animaux.

Elles sont aussi toutes inscrites au livre généalogique où se trouvent de nombreuses informations concernant la filiation comme le nom des parents, grands-parents, arrière- grands-parents ainsi que la production de lait de chaque génération.

Les moments forts de l’année

Pour un céréalier, c’est bien sur la moisson en juillet et août qui demande beaucoup de travail.

Pour un éleveur, c’est au moment des vêlages vers octobre-novembre que le travail est le plus dense, mais aussi, le plus intéressant. Il est en effet émouvant de voir naître un veau, de le voir grandir. La naissance est donc un accomplissement du travail de l’élevage… et ce n’est que le début.

Pour les éleveurs qui font des concours, avant la naissance, il y a un contrôle de la fécondation pour donner les meilleurs veaux possibles et ainsi tenter d’améliorer la race.

Les contraintes du métier

On dit toujours que l’agriculteur travaille avec la météo, mais plus que cela, il travaille avec le cours de la bourse. En effet, ce n’est pas lui qui fixe le cours des céréales ni du lait, c’est bel et bien la bourse. « Je ne vends pas mon lait, on me l’achète ». Le bénéfice d’un éleveur comme d’un céréalier sera en fonction du plus ou moins bon cours du marché.

Le métier d’éleveur, peu rentable si l’on compare le temps passé à l’argent récolté, est donc plus une passion qu’un travail.