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Le dossier web | Printemps 2010

L'eau en Eure-et-Loir

« 66% des Français se disent insuffisamment informés sur toutes les questions se rapportant à l’eau » (Source : baromètre Sofres / C.I Eau 2009). En Eure-et-Loir, qu'en est-il ? Nappe de Beauce, nitrates, pesticides, CIPAN... sont autant de notions associées à la gestion départementale de cette ressource. En écho à l'exposition « Eaux » du Compa, ce dossier web explore le thème de « L'eau en Eure-et-Loir... du captage au robinet ». Une lecture synthétique pour répondre aux questions qui touchent le quotidien des Euréliens et pour mieux appréhender les enjeux locaux que représente cet élément...

Des ressources en eau fragiles

Les pollutions

La gestion qualitative de l’eau concerne autant les ressources souterraines et de surface, c’est-à-dire, l’état initial du milieu avant captage, que l’eau distribuée.
En Eure-et-Loir, la qualité de la ressource subit, depuis plus de 25 ans, une dégradation constante. La pollution des eaux, chronique ou diffuse, peut être d’origine :
- microbiologique (le risque microbien),
- physico-chimique dans laquelle les nitrates et les pesticides (ou phytosanitaires) sont les plus incriminés.
Dans un département fortement agricole, l’agriculture est l’une des causes les plus décriées de cette pollution. En effet, les pratiques agricoles exercent une double pression sur les ressources en eau :
- en terme quantitatif, l’agriculture intensive du département est très dispendieuse en eau (irrigation),
- en terme qualitatif, l’utilisation importante d’engrais dégrade la qualité de l’eau potable et des cours d’eau.
La pollution des eaux par les nitrates est au cœur des préoccupations du département. Mais cette pollution n’est pas la seule. Pesticides, et plus récemment, les résidus médicamenteux font également l’objet de contrôles et d’actions de dépollution des eaux.

Scène quotidienne au bord des rivières et cours d'eau du département.
© M.J LeBliguet, Le Compa, Chartres, 2008

Une pollution diffuse de plus en plus préoccupante

Le cas des nitrates

Carte représentant les teneurs moyennes en nitrates dans les eaux distribuées de l'Eure-et-Loir, chiffres 2008
© DRASS du Centre, mai 2009

La teneur en nitrates des eaux souterraines qui naturellement est voisine de zéro, dépasse maintenant 50 mg/l (limite de potabilité, d’après les recommandations de l’OMS) sur plus de 40 % du territoire. La nappe de Beauce et la nappe de la craie sont particulièrement concernées par cette pollution liée à l'occupation agricole des sols.

En 2004-2005, 50% à 60% des captages actifs du département situés sur le périmètre du SAGE de Beauce ont des teneurs en nitrate supérieures à 50mg/l. Cette pollution diffuse est liée à l’occupation des sols et est la conséquence, pour l'essentiel, des pratiques agricoles (engrais chimiques azotés) et dans une moindre mesure liée aux activités domestiques et industrielles. Dans son rapport, l'IFEN dresse le constat suivant : « Les excédents d'azote sont élevés dans les zones de grandes cultures, et représentent plus du quart des quantités épandues en Eure-et-Loir »*. Les actions menées, telles que l’implantation de CIPAN, ont pour objectifs de réduire l'infiltration des nitrates vers les eaux souterraines.

Les pesticides / phytosanitaires

Concernant les pesticides, 17 % (70 000 habitants) de la population reçoivent encore une eau où ce type de molécules est détecté. L’atrazine (interdite d’utilisation depuis 2003) et son métabolite l’atrazine – déséthyl sont les plus fréquemment rencontrés, mais d’autres herbicides font leur apparition dans les eaux souterraines (bentazone, chlortoluron).

 

 

 

 

Origines

 

Pollution azotée

 

Lessivage des engrais azotés agricoles

Rejets d’eaux usées (habitations ou industriels)

Pesticides

 

Traitements phytosanitaires agricoles

Traitements phytosanitaires des collectivités

Traitements phytosanitaires des gestionnaires d’infrastructures (voies ferrées, routes)

Traitements phytosanitaires des particuliers et des entreprises (golfs)

 

Les résidus médicamenteux

Cette problématique est relativement récente et fait l’objet de recherches. En 2005, une première étude à été réalisée sur les médicaments (à usage humain ou vétérinaire) et leurs résidus dans les eaux. Les résultats confirment la contamination de la faune et de la flore des cours d’eau, les eaux souterraines ou encore leur présence dans les boues de stations d’épuration. L’impact environnemental de ces rejets reste encore à explorer. Mais il semble, cependant, que les premiers constats confirment également l’efficacité des systèmes de traitement de l’eau potable distribuée.

Zoom sur la pollution des rivières

Carte du réseau hydrographique d'Eure-et-Loir.
© DDAF28, janvier 2007

Si l'eau distribuée issue des eaux de surface est de peu d'importance pour le département (3%), l'enjeu environnemental pour les eaux de surface n’en est pas moins majeur. D’une part, ces ressources sont dépendantes des eaux souterraines qui participent à leur rechargement. De leur qualité dépend la biodiversité de ces eaux de surfaces extrêmement sensibles à la pollution (pollution diffuse) et aux aménagements du territoire (ouvrages hydrauliques, occupation des sols). Elles font donc l’objet de soins et d’actions particuliers dictés par la Directive Cadre de l’Eau (DCE) dont les grandes orientations sont de :

  • diminuer les pollutions diffuses,
  • protéger et restaurer les milieux aquatiques, notamment en assurant la continuité écologique (libre circulation piscicole et transport de sédiments).

Parmi les exemples concrets de ces actions:

  • L’effacement des ouvrages de l’ancien moulin du réveillon à Dreux. Ces travaux ont permis à la rivière de retrouver ses fonctionnalités naturelles (restauration de la qualité des habitats, diversité des écoulements).
  • la lutte contre les espèces invasives telles que la jussie. Cette petite plante d’eau douce, introduite comme plante décorative au 19e siècle, colonise aujourd’hui rapidement les milieux humides comme la Conie ou le Loir. L’arrachage de cette plante s’avère donc une action de terrain d’importance en vue de l’application de la DCE.

 

 

 

 

* Source Ifen, L'environnement en région Centre, Chapitre Agriculture, p.62

** Larousse agricole, Le monde paysan au XIXe siècle, 2002, p.307

Et aussi :

En savoir + sur...

... les résidus médicamenteux : l'AFSSA

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L'environnement en Eure-et-Loir

Ce dossier a été réalisé en étroite collaboration avec :

 

leConseil général d'Eure-et-Loir
(Services DAEER, CATER, SATESE, SATANC)

 

leSAGE Beauce

 

Claude GITTON
Chef du service eau et des milieux aquatiques de la Diren Centre