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Le dossier web | Printemps 2010

L'eau en Eure-et-Loir

« 66% des Français se disent insuffisamment informés sur toutes les questions se rapportant à l’eau » (Source : baromètre Sofres / C.I Eau 2009). En Eure-et-Loir, qu'en est-il ? Nappe de Beauce, nitrates, pesticides, CIPAN... sont autant de notions associées à la gestion départementale de cette ressource. En écho à l'exposition « Eaux » du Compa, ce dossier web explore le thème de « L'eau en Eure-et-Loir... du captage au robinet ». Une lecture synthétique pour répondre aux questions qui touchent le quotidien des Euréliens et pour mieux appréhender les enjeux locaux que représente cet élément...

Des actions communes

... et concertées

« Chacun a besoin d’eau et de plus en plus »* . Les acteurs de la gestion de l’eau sont nombreux. Les actions préventives et curatives, conjointement menées, à l’échelle communale ou départementale, visent à améliorer à terme la qualité de l’eau à la source, et par conséquence, la qualité de l'eau distribuée.
Les bilans qualitatifs et quantitatifs de la ressource en eau permettent de prospecter, d'agir et d'expliquer communément.

Photographie réalisée par le collège jean Monet, exposée dans le cadre de l'exposition "Travaux d'enfants" au Compa, décembre 2009
© Le Compa, Chartres, 2009

Partager des ressources de bonne qualité …

Alimenter en eau potable toutes les communes et sécuriser leur approvisionnement, tels sont les objectifs du SDAEP, adopté en 1996 par le Conseil général. Il convient pour cela de faire jouer l’intercommunalité afin de partager les ressources de qualité encore disponibles en mettant en place des interconnexions. Le Conseil général assure, par ailleurs, la maîtrise d’ouvrage des recherches des nouvelles ressources nécessaires à la satisfaction des besoins en eau de qualité.

Ainsi sur près de 400 captages d’eau potable existants il y a 20 ans, seul 1/3 d’entre eux pourrait être maintenu d’ici une dizaine d’années. Les autres captages ont été ou seront fermés du fait de leur mauvaise qualité et (ou) de l’impossibilité de les protéger. Une quarantaine de nouveaux forages exploitant des ressources plus facilement protégées complèteront alors le dispositif existant. Afin de préserver, et dans certains cas, de reconquérir la qualité de la ressource, ce volet « curatif » est complété par des actions préventives avec la mise en œuvre de mesures environnementales dans les bassins versants d’alimentation de plusieurs captages (environ 50 captages dans les prochaines années).

A ce jour (voir carte) :

  • 80 % des structures intercommunales proposées ont pris une compétence eau potable (35 collectivités à terme),
  • 45 % des communes représentant la moitié de la population rurale sont interconnectées : principalement concernée, la moitié nord du département,
  • 16 opérations de bassins d’alimentation concernant 18 captages ont été engagées depuis 3 ans.
Carte "Bilan des travaux d'interconnexion en Eure-et-Loir, situation prévisible au 1er janvier 2011".
© Direction des ressources naturelles, département 28

… et développer la solidarité

Le département a bénéficié d’un contexte géologique très favorable, lors de la mise en place des premières adductions d’eau potable, ce qui a permis à chaque commune de disposer de sa propre ressource en eau. Actuellement, au problème de dégradation de la ressource s’est superposé celui de la vétusté des installations (souvent âgées de plus de 50 ans).

C'est pourquoi, les communes sont maintenant confrontées au renouvellement des canalisations d’eau dont l’état s’est dégradé avec le temps selon la nature des matériaux (acier, fonte grise, ciment, PVC…), la nature du sol (plus ou moins acide) et le trafic routier (surtout celui des poids lourds). Parallèlement, tous les branchements en plomb doivent être supprimés d’ici 2013, et le parc des compteurs remis à jour régulièrement. Ces travaux deviennent nécessaires pour réduire les fuites qui ne devraient plus dépasser 30 % dans les petites communes et 20 % dans les villes.

L’ampleur des actions à mettre en place pour améliorer la qualité de l’eau et des investissements à réaliser, demande une taille de collectivité suffisamment importante pour les assumer financièrement. Cela passe par une intercommunalité encore élargie afin de réduire l’impact sur le prix de l’eau.

* Béatrice Giblin, "L’eau une question géopolitique, en France aussi" , in Hérodote n°110, La Découverte, 3e trimestre 2003, p.19.

Et aussi :

Ce dossier a été réalisé en étroite collaboration avec :

 

leConseil général d'Eure-et-Loir
(Services DAEER, CATER, SATESE, SATANC)

 

leSAGE Beauce

 

Claude GITTON
Chef du service eau et des milieux aquatiques de la Diren Centre