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Le dossier web | le 12 août 2014

HOMMAGE à Michel BEAUR

Michel BEAUR est décédé ce lundi 11 août 2014. Il avait 87 ans. Il était un éternel jeune homme. Des projets plein les poches, des envies plein la tête et de l’énergie à revendre. Depuis 25 ans, bénévolement et passionnément, il restaurait des machines agricoles au Compa.

Michel Béaur

 

Membre à part entière de l’équipe dès le début, ou presque (1989), il a été de toutes les aventures qui ont fait de ce musée départemental initié par le Département, un musée d’agriculture national et un musée de société soucieux d’expliquer ce moment clé de l’histoire rurale que fût la mécanisation et la motorisation de l’agriculture.

 

L’infatigable Michel était un mécanicien hors pair, obstiné jusqu’à ce qu’il ait trouvé la solution pour faire tourner les tracteurs les plus récalcitrants. Et il trouvait toujours, cherchant dans la documentation technique la faille et sa résolution, traquant des pièces introuvables jusqu’au bout du monde et allant même jusqu’à les fabriquer s’il le fallait.

 

Les mains dans le cambouis, sous son éternelle blouse bleue, il ne lâchait « la bête » que quand il l’avait domptée. Et des bêtes il en a domptées : les tracteurs Moline et Waterloo-Boy pour l’ouverture du Compa et puis : le Mac Cormick 10/20, le Sawyer-Massey 20/40, le SOM40, le Ford Ferguson, le Massey Harris Pony, le Case 20/40, le SOM55, le Rumely, le Lanz HR5, le Carterpilar D4, la moissonneuse batteuse Guillotin… Il travaillait jusqu’à la semaine dernière sur la restauration du tracteur Renault AFV, en préparation de la Fête des tracteurs 2015.

 

Il faut dire que dans sa vie d’avant, au sein de l’entreprise Lecoq - de 1941 à 1989, chef d’atelier à partir de 1956 - il en avait connu bien d’autres des aventures mécaniques : le plan Marshall, l’arrivée et le « service après-vente » pour les premières moissonneuses-batteuses, les adaptations de matériels (relevage 3 points), l’arrivée de l’irrigation, le développement de l’hydraulique, … Il disait être « passé du fer à cheval à l’électronique ».

 

Michel Béaur était un homme engagé dans tout ce qu’il faisait, que ce soit en tant qu’élu municipal (à Boisville-la-Saint-Père), en tant que militant associatif (administrateur de l’association des Amis du Compa, notamment), en tant que technicien agricole (une passion autant qu’un métier) en tant que père (5 enfants), grand-père (10 petits-enfants), arrière-grand-père (18 petits-enfants et le compte n’est pas clos…). Il était chasseur aussi : ah les beaux lundis d’automne où il n’était pas question de le « déranger ».

 

C’est souvent quand les hommes partent qu’on chante leurs mérites. Les siens sont tellement incontestables qu’il n’est nul besoin de les rappeler à tous ceux qui le connaissaient.

 

Pour nous, au Compa, Michel était immortel tant il était vivant, tant il était un homme-projet. Toujours là quand il le fallait. Râleur parfois, juste pour le plaisir de parler, de discuter, de partager, de raconter, de se raconter, … et d’en sourire.

 

 

 

 

 

 

 

Et s’il y a « une Académie des Belles machines et des Beaux sentiments », Michel Béaur y a sa place, immortel pour toujours.

 

 

 

 

 

Pour l’équipe du COMPA,

Jean-Marc PROVIDENCE