Le compa

Pony 812

2000

Le Pony 812 du Compa, après restauration.
© N. Bernard, Le Compa, Chartres

Tracteur emblématique des petites et moyennes exploitations, le Pony 812 marque les années 1950 par son accroche publicitaire qui en dit long sur la réalité de ses atouts et de son ambition. Fonctionnalité, maniabilité et prix bon marché servent alors à la renommée de ce tracteur qui remplacera très vite le cheval des exploitations familiales.

Le petit incontournable de la grande Histoire des tracteurs

Don de Jacques Ferron, le Pony 812, équipé d’une charrue alternative, intègre les collections du musée en 1999. L’équipe de restauration s’empare très vite de ce tracteur incontournable. Premières impressions : ce Pony 812 est en bon état et surtout en état de fonctionnement, ce qui assure une restauration rapide et peu coûteuse. En moins d’un an, ce tracteur retrouve les couleurs de sa jeunesse et également sa place dans le discours historique de l’évolution des tracteurs au Compa. « Petit mais costaud », pour bon nombre de petites exploitations, ce tracteur sera souvent le premier tracteur à entrer dans la cour des fermes françaises.

Diagnostic et choix de restauration.

Des constats d’état pour une action ciblée et respectueuse du modèle

Passé au crible des regards experts de Laurent Touche, Michel Béaur et Thierry Foucher, le Pony est observé sous toutes les coutures : inscriptions, décalques, plaques d’identification et de fonctionnement… Les photographies annotées, issues de ce premier travail d’observation, visent à relever et à comprendre les modifications subies par cette pièce et à en définir l’importance afin d’établir les choix de restauration définitifs les incluant ou non.

S’en suit une vérification de l’aspect général du tracteur allant de la carrosserie, aux pneumatiques, des accessoires aux différents organes porteurs et transmissions.

Le bilan établi pour le Pony 812 est relativement positif : quelques bosses sur le capot et une aile, du jeu dans la direction, câblages électriques manquants ou endommagés, plusieurs points de suintement d’huile, usure prononcée du volant, pneumatiques à 80% d’usure et craquelés.
D’un souhait commun entre le donateur et le musée, la restauration du Pony est complète, aussi bien technique qu’esthétique, dans un souci de rendu d’un modèle sorti d’usine.

Méthodologie de restauration

1. Le grand nettoyage

Le nettoyage complet au nettoyeur à haute pression s’avère également être une étape indispensable et complémentaire aux premières observations. Ce premier « rafraichissement » permet de mettre à jour des détails cachés par des années d’utilisation et de « crasse ». Après démontage, cette étape sera renouvelée par le décapage de la peinture et le brossage du châssis et des différentes pièces.

2. Le démontage et premiers réglages

L’aspect pratique et fonctionnel du Pony qui en a fait sa renommée s’avère être un atout non négligeable au moment du démontage. Pour permettre la dépose du châssis et des roues, s’organise dès lors le découplage des charrues du tracteur. Les éléments porteurs sont retirés et remisés. Capot, calandre, coffre à batterie et ailes sont déposés afin d’accéder aux organes mécaniques. Les accessoires – démarreur, dynamo, carburateur, tête d’allumage, filtres, radiateurs- ainsi que l’obturation de tous les orifices du bloc moteur, font, à cette étape de la restauration, l’objet de soins particuliers.

Après vidange, l’ouverture de la boîte de vitesse et la vérification de ses éléments ne révèlent aucun défaut. Seuls les joints sont à changer, ainsi que l’huile. Sur le moteur, un réglage des culbuteurs s’avère nécessaire ainsi que le nettoyage du fond intérieur du carter moteur et de la crépine. A nouveau, changement de joints et d’huile. L’étanchéité de la pompe à eau est à son tour vérifiée ainsi que l’absence de jeu au niveau de son axe.
Le démarreur fonctionne à merveille et aucun autre élément ne requière de changement. Le Pony peut dès lors être repeint.

3. La peinture

L’application d’une double couche de peinture antirouille est le lot quotidien des restaurations du Compa. Les temps de séchage des différentes couches de peinture sont optimisés par la préparation d’autres pièces et par le débosselage du capot et de l’aile, marqué par le temps. Un soin tout particulier est donné aux roues et aux jantes qui, après démontage et nettoyage, retrouvent leur couleur jaune d’origine et des pneus tout neufs !

4. Le remontage

Après remplacement des durites, le circuit du radiateur est mis en eau et l’absence de fuite limite toute autre intervention à cette pièce d’origine. Les éléments électriques sont ensuite remontés, avec un câblage refait à neuf ainsi que de nouvelles bougies. Batterie neuve, allumeur calé… Toutes les conditions sont alors réunies pour tenter une mise en marche du moteur qui tousse, gronde… Mais après quelques réglages du carburateur et de l’allumage, notre quinquagénaire de Pony retrouve la fougue de ses vingt ans !

Pour parfaire cette restauration, il ne reste plus qu’à poser les décalcomanies de la marque. Remis sur ses roues, le Pony 812 roule à nouveau…56 ans après sa fabrication.

N. Bernard, Le Compa, Chartres
© N Bernard, Le Compa, Chartres

Fiche technique

Date : 1954 Usine : Marquette-Les-Lille
Production totale : 49 222 entre 1952 et 1957
Masse et dimensions : 750kg, L. 255 x l. 138 x h. 149cm
Moteur : Moteur de Simca 9 Aronde
Puissance 16ch (12kW) à 1800 tr/min
ylindres : 4 en lignes, cycle 4 temps, 1221 cm3
Alésage / course : 72 mm x75 mm
Carburant : essence
Refroidissement : à eau par thermosiphon avec ventilateur 4 pales
Démarrage : électrique

« Le plus puissant petit tracteur du monde »

Construit par la firme canadienne Massey-Harris, le Pony, dont le nom vient de poney, se revendique « le plus puissant des petit tracteur du monde ». En 1951, dans un contexte de fin de guerre et de restructuration des exploitations, le Pony est le cheval d’attaque de Massey-Harris qui souhaite, avec ce petit modèle, fiable, robuste, fonctionnel et bon marché, investir et conquérir les petites et moyennes exploitations familiales. Pari tenu ! Et c’est avec les modèles 811 et 812 que le Pony deviendra plus français que jamais. Il sera fabriqué en France de 1951 à 1957, à l’usine de Maquette-Les-Lille, en activité depuis 1926. Le « 8 » de son identifiant fait quant à lui référence à la production de l’Hexagone.

Le Pony 812 du Compa restauré
© N. Bernard, Le Compa, Chartres
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Et aussi :

Lectures :

 

PRIPPS Robert N., Le grand livre des tracteurs de Massey-Harris à Massey Fergusson, éd. France Agricole, 2007.

 

CHEROUVRIER Jean, NOULIN Jean, Tracteurs Pony 1947-1961, ETAI, 2004.

A consulter :

 

Les collections du Compa sur la base de données sur le portail des musées de la région Centre :
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